11.11.2009
Changement de tactique - Par Gilles William Goldnadel
La décérébration, unique dans l'histoire du monde, au regard de la surinformation médiatique des esprits, réside autant dans ce qui est répété faussement que dans ce qui est celé soigneusement.
Ainsi, pour illustrer la pensée de Claude Lévi-Strauss, la presse qui formate a cité ad nauseam sa critique d'un nationalisme outrancier, histoire de moquer un peu le concept d'identité nationale.
Mais la même s'est bien gardée de rappeler que l'auteur de «Tristes Tropiques» avait confié que les contacts qu'il avait eus avec le monde arabe lui avaient inspiré «une indéracinable antipathie» (interview le Nouvel Obs).
Celle qui oppresse en douceur a oublié, pour célébrer l'anthropologue défunt, de rappeler cette observation :
« Tout l'Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l'esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d'une très grande (mais trop grande) simplicité. D'une main on les précipite, de l'autre on les retire au bord de l'abîme. Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple voilez-les et cloîtrez-les.
C'est ainsi qu'on en arrive au burkah moderne, semblable à un appareil orthopédique avec sa coupe compliquée, ses guichets en passementerie pour la vision, ses boutons-pression et ses cordonnets, le lourd tissu dont il est fait pour s'adapter exactement aux contours du corps humain tout en le dissimulant aussi complètement que possible. (...) Grande religion qui se fonde moins sur l'évidence d'une révélation que sur l'impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l'intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s'en rendent coupables ; car s'ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c'est plus grave) incapables de supporter l'existence d'autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l'abri du doute et de l'humiliation consiste dans une «néantisation» d'autrui, considéré comme témoins d'une autrefois et d'une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d'une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s'avouer, puisque, en se reconnaissant comme telles, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants. (...) Ainsi l'islam qui, dans le Proche-Orient, fut l'inventeur de la tolérance, pardonne mal aux non-musulmans de ne pas abjurer leur foi au profit de la sienne, puisqu'elle assure toutes les autres la supériorité écrasante de les respecter ».
Mais c'est sans doute par charité envers le grand disparu que la presse n'a pas rappelé ce qui précède, de crainte que celui-ci ne soit frappé d'une fatwa à titre posthume.
On a beaucoup parlé du dernier songe d'Attali en matière d'antisémitisme, mais on ne parlera pas dans la presse française de la mise en cause par son fondateur, Robert Bernstein, de l'association Human Rights Watch. Dans un article très commenté outre-Atlantique du New York Times (20 octobre), Bernstein qui présida l'organisation jusqu'en 1998, considère que celle-ci s'est dévoyée dans un anti-israélisme obsessionnel.
Déjà, les journaux hexagonaux étaient restés discrets sur les informations récentes sur les rapports financiers entre l'O.N.G. béatifiée et l'Arabie Saoudite.
Même mutisme lorsque l'association a été contrainte de se séparer dernièrement de Marc Garlasco, responsable des questions militaires, il y a peu encensé pour ses rapports critiques envers Tsahal à Gaza, mais convaincu aujourd'hui de fascination pour le nazisme.
Car en France médiatique, on tape sur les diaboliques Etats, pas sur les sacro-saintes Organisations Non Gouvernementales.
On parlera longtemps encore, et avec délectation, du rapport Goldstone ; en revanche nul ne perdra son temps à rappeler que le président de l'Assemblée Générale onusienne qui vient d'entériner le torchon précité, le libyen Ali Triki, n'est autre que l'auteur d'un discours thuriféraire à l'égard d'Adolf Hitler et de son œuvre humanitaire.
Symbole surréaliste de la folie des temps.
Rendons ici hommage au sens de la mesure de la presse française : comme le Quai d'Orsay, elle s'abstient.
À ce degré de dégénérescence, on se demande toujours, moi le premier, ce que devraient faire les principales victimes expiatoires des délits et dénis médiatiques.
S'agissant d'Israël, on m'a adressé un article intéressant de Daniel Greenfield intitulé «Pourquoi Israël perd les guerres médiatiques».
L'auteur y développe une analyse pugnace, qu’il m'arrive, par gros temps, de préconiser :
« Plus Israël a voulu montrer sa bonne volonté, plus il s'est trouvé acculé à la défensive. L'objectif des gouvernements israéliens successifs n'est plus d'être une grande nation ni une nation forte, mais d'être une nation qui plaise à tout le monde. (...) Plus Israël a été sur la défensive, plus le terrorisme et la diabolisation Israël sont devenus terribles. C'est tout à fait naturel, quand on bat en retraite, le feu de l’ennemi n’en devient que plus nourri».
Pour apporter mon eau rance à ce moulin à broyer des grains amers, je citerai cette phrase de notre bon vieux Freud, dans sa correspondance à son disciple Eitigon (23 septembre 1927) : « Je vais essayer avec ce changement de tactique -- un peu tardif toutefois. J'ai toujours été le tolérant qui voulait provoquer l'apaisement. Cela ne m'a pas servi à grand-chose, ce sont les autres qui ont eu le besoin de m'attribuer une dose d'intolérance et d'agression qui n'a jamais été la mienne. Je veux à présent leur faire ce plaisir : désormais je compte être l'exigeant le sévère, l'insatisfait. J'en ai plus le droit qu’eux ».
Et nous donc.
Source : Blognadel
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20.10.2009
Lorsque la lassitude nous guetta

Par Gilles William Goldnadel
Mardi 13 octobre, France Inter, question de Bernard Guetta à Élie Barnavi : «Ne pensez-vous pas, Monsieur l'ambassadeur, qu'Israël est peut-être un État éphémère, que c'est sans doute une erreur d'avoir créé un État européen au Proche-Orient, à l'heure où l'Europe se dégageait justement du colonialisme ?».
Au lieu de rejeter la question comme inaudible : réponse gentiment molle et convenue de Barnavi. Et pourtant Guetta est plutôt un bon gars, tout juste un peu, je l'ai déjà écrit ici, sensible à la pensée magique et à l'air du temps. Quant à Barnavi, c'est une belle intelligence doublée d'un ami avec lequel je me suis bien entendu lorsqu'il était en poste à Paris.
Mais pour ces deux personnalités qui hument et inhalent à pleins poumons l'air vicié des rédactions parisiennes, la sale question pouvait être posée.
Vendredi 16 octobre, le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU a adopté le rapport Goldstone.
Ce rapport qui renvoie dos à dos Israël et le Hamas, mais dans la proportion d'un cheval et d'une alouette.
On remarquera au demeurant que l'alouette piaille de joie. Ce rapport qui inclut, de l'aveu même de son auteur, des témoignages dont il serait facile de réfuter l'insincérité en cas d'examen contradictoire.
Ce torchon n'a été voté exclusivement que par les dictatures islamiques et africaines qui composent l'aréopage onusien.
Il fut un temps ou même la presse la plus critique envers qui vous savez aurait brocardé cette majorité automatique de cordonniers vertueux et mal chaussés. Aujourd'hui, plutôt que de pouffer, la presse parisienne, à commencer par son premier journal qui paraît le dernier, prend les choses très au sérieux et avait déjà bien mal goûté que l'Autorité Palestinienne ait eu la sagesse d'accepter un renvoi de l'examen du texte.
Pensez donc, un peu plus et on était privé du rite délicieux de la mise en accusation publique.
Jeudi 15 octobre : apparition sur le site du MRAP d'un appel au boycott d'Israël intitulé :
«Boycottons les produits de l'oppression !». Annexé à l'incantation un modèle de lettre à adresser à l'ambassadeur d'Israël en France. Extraits choisis : «un boycott qui, comme nous nous permettons de vous le signaler est dirigé essentiellement contre les intérêts de l'État d'Israël et non pas, comme il vous plaît de le souligner avec des arrière-pensées évidentes, à l'encontre de la communauté juive tant l’antisémitisme reste étranger à notre démarche».
Vous avez bien lu : le pauvre ambassadeur n'a pas encore ouvert la bouche, que le mouvement de M. Mouloud la lui referme prestement en l'accusant d'instrumentaliser un antisémitisme imaginaire.
En psychanalyse, cela s'appelle la dénégation.
Cela fait des lustres que je m'échine à appeler les dirigeants communautaires, CRIF en tête, à traiter les extrémistes de gauche exactement comme ils ont traité la médiocre extrême droite. Ils ont continué à les considérer comme fréquentables. Résultat : le PCF, le Parti du gentil Besançenot, les Verts, conscients de leur immunité s'en donnent à cœur joie et ont rejoint le parti des boycotteurs. C'était ceux là qu'il convenait précisément de boycotter.
Moyennant quoi, Avocats Sans Frontières, que je préside, poursuit le mouvement «antiraciste» devant les tribunaux pour discrimination à raison de l'appartenance à une nation (Article 225-1) du Code Pénal.
Je signale au M.R.A.P. que le Président de la République et la Garde des Sceaux soutiennent la démarche déjà empruntée par Avocats Sans Frontières, à l'encontre d'Euro Palestine, en raison du caractère illégal et raciste du boycott d'Israël.
Je ne dis pas que le boycott de produits israéliens par des organisations gauchistes ou islamistes représente, pour l’heure, un péril tragique pour les «intérêts de l’Etat d’Israël» selon l’expression du M.R.A.P.
Mais c’est peut-être pire.
Pire comme une âme qui s’habitue sans rien dire.
Qui commence à s’habituer à la mise à l’index de produits juifs.
Comme elle s’est habituée, que dans les aéropages internationaux, ce n’est pas le Sri Lanka, la Chine, la Russie, l’Arabie Saoudite, l’Algérie, le Soudan, la Lybie, la Turquie, la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, qui sont rituellement mis en accusation mais le seul État juif.
Pas le temps d’être las.
source : Blognadel
22:08 Publié dans Articles de G.W. Goldnadel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.07.2009
UN BON ÉTÉ D’ESPRIT
Non content d'avoir publié une page entière consacrée à la pensée politique de Julien Coupat, sorte de nouvel Alfred Dreyfus immolé sur l'autel de la répression libérale, notre Monde récidive avec sa jeune et fraîchement épousée, Yldune Lévy.
Le même journal publie un portrait, tout en nuances, de Philippe Val, renvoyé strictement dos à dos avec Siné et tous ses copains de la gauche radicale.
Pendant ce temps, les syndicats de France Inter sont en effervescence : l'ignoble Philippe Val, quoique bien à gauche, mais qui a le tort d'être radicalement anti islamiste, anti antisioniste, et anti antisémite vient d'être nommé à la direction de France Inter.
Ils ont hurlé à la censure, lorsque Frédéric Pommier, titulaire de la revue de presse madrigale s'est vu menacer de perdre sa chronique. Les grands défenseurs de la liberté sans concession y ont vu une manœuvre de l'ignoble, qui aurait été courroucé de voir trop souvent cité Siné hebdo.
Àh comme j'aurais aimé voir nos courageux rebelles réagir de la sorte lorsque Fabrice Lequintrec avait été éjecté comme un malpropre de la même revue de presse pour avoir osé citer une phrase, au demeurant anodine, de National Hebdo.
Les mairies communistes du 93, une à une, décernent la palme de citoyen d'honneur de leurs nobles cités à Marwan Barghouti, condamné pour terrorisme par la justice israélienne.
À Vitry, pour faire bonne mesure, on a fait mieux : on a tenu également à honorer un «pacifiste israélien» en la personne de Michel Warschawski.
Il n'est pas sûr que la mairie progressiste ait fait connaître à tous les citoyens de la ville que cet antisioniste militant s'est vu reprocher par la justice israélienne ses liens avec le très pacifiste FPLP.
Tout ça sent bon le frais, la lavande et la modération.
GWG
source : http://blognadel.over-blog.com/
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10.06.2009
OBAROMÈTRE DE L’ESPOIR ET DES DOUTES
Ne craignons pas de dire notre perplexité, ne dissimulons pas notre scepticisme, ne cachons pas notre circonspection, ne camouflons pas nos craintes, mais disons-le tout de suite, si nous voulons laisser parler notre raison, le meilleur ou le pire, ou les deux à la fois, peuvent sortir du discours prononcé jeudi dernier au Caire par le nouveau président adulé.
Mais laissons tout d'abord parler notre cœur. Certes, nous voyons bien tout l'intérêt, et je l'ai souvent écrit ici, de se concilier l'opinion publique musulmane et modérée que je n'ai jamais considérée comme relevant d’un oxymore.
Mais personne ne m'empêchera d’écrire que cet exercice de grand style qui prit parfois des accents de repentance me laisse un petit goût amer.
Nul ne peut en effet, sans bêtise ou sans mauvaise foi, prétendre que l'Amérique avait commis le péché d'amalgame entre islam et islamisme.
George W. Bush junior, lui-même, ce pelé, ce galeux, cet infâme, que son nom soit rayé du livre du genre humain, s'était rendu quelques heures après le 11 septembre 2001 dans une mosquée américaine pour bien signifier à ses compatriotes qu'il ne fallait pas commettre de funestes confusions. Le même, qu'il rôtisse dans les flammes de l'enfer bien avant Ben Laden, organisait chaque année à la Maison-Blanche la cérémonie de l'Aïd il Fitr, ce qui n'est, on en conviendra, pas la marque d'une excessive islamophobie.
Il est vrai que les stupidités écœurantes commises à Abou Graib ont desservi terriblement la cause de la juste guerre au terrorisme islamique, et que les ambiguïtés judiciaires, on le voit aujourd'hui, inévitables de Guantanamo ont été exploitées jusqu'à la corde par les martyrocrates professionnels.
Personne ne pourra non plus m'empêcher d'écrire que si les protestations du monde musulman contre les excès de l'islamisme avaient su se faire plus fortes pour égaler, par exemple, la vigueur de ses protestations contre les caricatures du prophète, la crainte d'un prétendu amalgame eut été moins vive. Personne ne m'empêchera d'écrire encore que les exploits de Ben Laden, du Hamas, du Hezbollah ont rencontré souvent, ici et là, dans les mosquées ou dans les cités une approbation grosse d'inquiétude légitime.
Personne ne pourra m'empêcher d'écrire que le haut lieu du discours, en plein milieu d'une université islamique célèbre pour ses péroraisons antijuives, dans un pays où les femmes coptes s'obligent à porter le voile par crainte d'être violentées n'étaient pas des mieux choisis.
Personne enfin ne pourra me consoler de la fausse symétrie d'un discours rendant hommage aux victimes de la Shoah pour mieux s'apitoyer devant les malheurs d'un peuple arabe de Palestine victime, lui et avant tout de son refus obsessionnel de l'existence d'un État juif.
Mais enfin, et laissant parler ma seule raison, mon pauvre cœur ayant été un peu épanché, fasse le ciel que cette main tendue ne soit pas prise pour celle du mendiant que l'on méprise, mais pour celle de l'ami que l'on respecte.
Dussé-je décevoir mes amis les plus chers, je souhaite que l'un de ceux-ci, en la personne de Benjamin Netanyahou, avec toutes les réserves qu'impose le besoin de sécurité de son peuple, accepte la solution des deux états préconisés par l'imprécateur américain.
Et ayant écrit ces lignes, je m'aperçois combien elles sont inutiles et superflues.
D'abord, parce que cette solution a été acceptée, non sans douleur, par le mouvement sioniste dès 1937 devant la commission Peel.
Ensuite, parce que ce partage de la Palestine mandataire (déjà amputée de la Jordanie habitée depuis par une majorité palestinienne) entre deux états, l'un juif, l'autre arabe, a été voté par l'ONU en 1947, accepté par la partie juive et refusé, depuis, je l'ai dit, par les Arabes de Palestine.
Ce refus est aussi manifeste qu’il est occulté : Mahmoud Abbas, le président «modéré» de l'autorité palestinienne affirmait encore, il n'y a pas un mois, que jamais les Arabes de Palestine n'accepteraient Israël en tant qu'État juif.
Voilà qui relativise singulièrement la portée des incantations d’Obama à l'adresse du monde arabe, lorsqu'au Caire il n'a pas mis ce point capital sur le I d'Israël.
Faut-il rappeler que ce refus aussi systématique que violent précédait et de beaucoup l'existence des implantations créées depuis 1967 ?
Je n'ai pas le moindre doute que l'immense majorité des Israéliens (cela est confirmé par tous les sondages) seraient prêts à entériner cette solution déjà acceptée s'ils n'étaient pas persuadés, pour l'heure, que le refus arabe n’a pas cessé.
Et ce refus, n'en déplaise aux beaux esprits, ne concerne pas seulement le Hamas, il concerne, hélas, hélas, hélas, l'immense majorité de ce peuple arabe de Palestine qui conserve jalousement les clés de la maison perdue autour de son cou.
Je cite l'ambassadeur de l'autorité palestinienne, Abbas Zaki, dans un discours daté du 16 mai dernier, mais qui, évidemment ne sera repris par personne : «avec la solution à deux états, à mon avis, Israël s'effondrera parce que s'ils quittent Jérusalem, que deviendront tous les discours sur la terre promise et sur le peuple élu, que deviendront tous les sacrifices qu'ils ont faits juste pour qu'on leur dise de partir ?
Ils considèrent que Jérusalem a un statut spirituel. Les juifs considèrent la Judée Samarie comme étant leur rêve historique. Si les juifs perdent ces endroits, l'idée sioniste va commencer à s'effondrer. Elle régressera d'elle-même. Alors nous avancerons.
L'usage des armes seules n'apportera pas de résultat, et l'usage de la politique sans les armes n'apportera pas de résultat. Nous agissons sur la base de notre vaste expérience. Nous analysons notre situation soigneusement. Nous savons quel climat mène à la victoire, à quel climat mène au suicide. Nous parlons de politique, mais nos principes sont clairs. C'était notre leader pionnier, Yasser Arafat, qui à persévéré avec cette révolution, quand des empires se sont effondrés. Notre lutte armée dure depuis 43 ans et notre combat politique, à tous les niveaux, dure depuis 50 ans. Nous avons récolté des résolutions de l'ONU et nous humilions les pays pour qu'ils ne se lient pas contre nous, parce que le monde est mené par des gens qui ont mis leurs intelligences au repos, l'administration américaine et les néoconservateurs.
L'OLP est le seul représentant légitime (du peuple palestinien) et il n'a pas changé son programme même d'un iota. Étant donné la faiblesse de la nation arabe et son manque de valeurs et étant donné le contrôle américain du monde, l'OLP procède par étapes, sans changer de sa stratégie. Laissez-moi vous dire que quand l'idéologie d'Israël va commencer à s'écrouler et que nous prendrons, au moins, Jérusalem, l'idéologie israélienne s'effondrera complètement et nous commencerons à progresser avec notre idéologie propre, par la volonté d'Allah et les chasserons de toute la Palestine ». (Source : Memri).
Voilà pourquoi, je n'ai pas la moindre estime pour ce mouvement national palestinien qui continue, on le voit, de nourrir ses illusions irrédentistes, qui par le terrorisme, qui par la ruse, qui, comme Arafat, par les deux à la fois.
Et pourtant, en dépit de cela, et j'oserais dire, à cause de cela, j'attends des dirigeants israéliens, et je suis sûr que l'actuel premier ministre israélien aura l'intelligence et le courage nécessaire, de rappeler, une nouvelle fois à ce monde sourd, aveugle et manifestement amnésique, qu'Israël est toujours prêt au compromis historique, mais pas au prix de son suicide.
Et ayant, rappeler ce principe d'équité et de sagesse, il rappellera également au monde que les mots de détermination et de colère existent également dans le champ lexical hébraïque.
GWG
source : http://blognadel.over-blog.com/
03:28 Publié dans Articles de G.W. Goldnadel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.05.2009
Ne tirez pas sur le papiste
À la suite de la visite de Benoît le seizième en Israël, je m'interroge une nouvelle fois sur l'improbable intelligence politique des Juifs en général et des Israéliens en particulier.
Que n'a-t-on entendu, le jour du discours du Saint-Père à Yad Vashem, considéré le jour même par l'ensemble de la presse israélienne comme décevant, avant que le principal journal, le Yediot Aharonot, ne se ravise le lendemain, en reprochant à la classe médiatique une excessive sévérité.
Il y eut également les propos diffamatoires du président de la Knesset, M. Rivlin indiquant que le pape aurait été membre des jeunesses hitlériennes, ce qui est tout simplement faux.
Peut-être que plus qu'un autre, un Juif, un Israélien, devrait savoir ce qu'il en coûte à reprocher ses origines à un homme et à l'accuser de maux imaginaires.
Rappelons que le jeune Ratzinger n'a jamais fait partie des jeunesses hitlériennes – ce qui n'aurait pas été un crime – il a seulement été engagé de force dans la Werhmacht, comme bien des gamins allemands de son âge.
Certes, Benoit XVI n'est pas Jean-Paul II. Il n'a pas son charisme. Mais peux-je faire remarquer que les Juifs ne sont que médiocrement concernés pour le déplorer, ne croyant pas particulièrement à son infaillibilité.
Benoît n'avait pas non plus la possibilité, comme le défunt pape, d'amener en Israël des Juifs qu'il aurait sauvés en Pologne, et il est inutile, en conséquence, de cultiver pieusement la nostalgie de son glorieux prédécesseur.
Pour autant, faut-il rappeler que l'actuel souverain pontife a toujours été un partisan convaincu de la réciprocité entre l'église et l'islam, en indiquant qu'il n'y avait pas de raison de construire des mosquées en Europe si on n'avait pas le droit de construire des églises en terre musulmane.
Il est vrai que le politiquement convenable qui sévit à son encontre depuis son avènement, que la pression de sa Curie, ainsi que celle de l'église officielle d'Orient l'ont contraint, depuis Ratisbonne, à mettre beaucoup d'eau bénite dans son vin de messe.
Les Juifs souffrent-ils tellement d'une pénurie d'ennemis pour, à l’heure de tous les périls, sur fond d'une montée de l'antisionisme et de l'antisémitisme sans précédent, d'incompréhension pathétique avec l'oncle Sam et son neveu Barak, s’en créer de toutes pièces ?
Au rebours, il est inadmissible que les Israéliens n'aient pas songé à reprocher au patron du Vatican l'attitude scandaleuse de son légat à Genève, lors de Durban II, qui n'a pas suivi ses collègues européens vers la sortie, lors de la diatribe venimeuse du persan enragé, et qui a cru devoir conserver son auguste postérieur sur son confortable siège.
Idem pour la condamnation, certes nuancée, d'un mur qui n'en est pas un dans le cadre d'un prêchi-prêcha pacifiste qui devrait être épargné à ceux qui en ont le plus souffert.
Qu'on ne se méprenne pas sur mes propos : je comprends qu'on puisse se plaindre des silences de l'église d'il y a 60 ans – encore qu'il ne faudrait pas tomber dans l'injuste caricature – mais il me paraît encore bien plus essentiel et vital de les mettre en perspective avec ces nouveaux silences, ou cette nouvelle onctuosité verbale, au regard du danger immense que courent aujourd'hui les Juifs vivants, dans leur patrie souveraine.
Gilles William Goldnadel
19:12 Publié dans Articles de G.W. Goldnadel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.05.2009
Rengaines - G.W. Goldnadel
Le Figaro, dans une série d'enquêtes, décrit le rôle des organisations d'extrême gauche dans la radicalisation des conflits sociaux, à commencer par les séquestrations de cadres et de patrons.
Il a raison, mais c'est un peu court.
Le quotidien madrigal a tort, dans son analyse, d'épargner des médias toujours aussi tendres à l'égard des durs quand ils sont rouges. Il suffit d'écouter les reportages de France Info sur le sujet pour comprendre pourquoi une majorité de Français commence à approuver les débordements d'une colère sanctifiée.
Il faut entendre les discours jusqu'au-boutistes sur fond de désespoir scénarisé, il faut entendre ensuite des syndicalistes expliquer sur un ton bon enfant que retenir n'est pas vraiment séquestrer, il faut enfin assister à la sortie de cadres fraîchement libérés, tous atteints d’un syndrome scandinave, expliquer qu'ils ont été merveilleusement traités.
Puisqu'on est à la radio, restons-y : les journaux ont rendu un juste hommage à Macha Béranger, qui vient de mourir. Ils ont relaté l'amertume de celle-ci d'avoir été évincée de France Inter, en dépit des protestations de très nombreux auditeurs.
Ce n'est pas ce qui risque d'arriver à Daniel Mermet. Moralité : mieux vaut désespérer les braves types en diffusant des messages haineux que de les réconforter en les écoutant parler d'amour.
Mention spéciale pour Pierre Assouline : avec un courage chevaleresque, il a cru devoir piétiner rageusement la dépouille encore chaude de Maurice Druon, coupable d'être à la fois, de droite et « réactionnaire et conservateur » (ce qui est selon moi, quelque peu antinomique).
Il est vrai que le co-auteur du Chant des Partisans, avait également eu le mauvais goût de faire de la résistance. Bref, pour le rebelle Assouline, potentat des arts et des lettres, autant dire un authentique salaud ne méritant ni de vivre, ni même de mourir en paix.
Je ne serai plus moi-même, si je ne faisais pas semblant de m'étonner de la différence de traitement entre Gaza et le Sri Lanka. Ici et là : une population civile largement prise en otage par des groupes terroristes féroces, car disons-le, les tigres tamouls n'ont rien à envier au Hamas en matière de mépris de la vie humaine, et ici et là encore, deux États souverains contraints de recourir à la force armée.
La seule différence est que l'armée cingalaise n'a pas fait dans le détail pour réduire à merci la guérilla terroriste.
Il est vrai, qu'elle ne subit pas les contraintes de la presse internationale, de la Ligue des Droits de l'Homme, de l'extrême gauche altermondialiste.
Il est vrai, que les foules enturbannées et leurs compagnons de route extatiques, n'ont pas foulé le pavé en hurlant au génocide et aucun reporter sans frontières ne se plaint de ne pouvoir franchir celle qui sépare le réduit tamoul du reste de Ceylan.
Pour une fois, cependant, je ne serai pas seul à entonner mon éternelle rengaine sur le traitement particulier réservé à Israël : mon vieux compagnon du soir, sans bien entendu se fendre d'une explication politique, psychologique, voire métaphysique, se contente de constater l'incontestable : « Même à l'ONU, les tragédies ne se valent pas. Des dizaines de milliers de sri lankais l'apprennent à leurs dépens. Depuis trois mois, dans le nord-est de l’ile, ils sont pris au piège de violents combats entre une armée gouvernementale brutale et la rébellion sans scrupules des Tigres. Si en janvier, la guerre dans la bande de Gaza avait, à juste titre, provoqué un tourbillon diplomatique, rythmée de réunions nocturnes du Conseil de sécurité, les civils sri lankais meurent dans une relative indifférence.
La tiédeur de la réaction onusienne s'explique difficilement. Selon les chiffres officieux de l'Organisation, invérifiables, faute d'observateurs, près de 6500 personnes ont déjà péri – cinq fois plus qu'à Gaza – ». (Le Monde du jeudi 30 avril).
« Le crime est presque parfait. Près de 6 500 sri lankais sont morts selon les estimations de l'ONU, sans qu'aucun cadavre n’apparaisse à la « une » des journaux sur les écrans de télévision. Les autorités de Colombo ont efficacement empêché tout témoignage sur la zone des combats ». (Le Monde du 2 mai).
À ce stade, si je fais humblement marquer que les cingalais ne sont pas Juifs, on va dire encore que j'exagère ?
Source : http://blognadel.over-blog.com/
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20.01.2009
DANIEL DANS LA FOSSE SEPTIQUE
lecture, avec des pincettes, du Nouvel Obs du 8 janvier est riche d'enseignements.
Fasciné, on le sait, par tout ce qui touche à la seconde guerre mondiale, l'hebdomadaire consacre de nombreuses pages à l'itinéraire vertigineux de Ramon Fernandez, père du très talentueux Dominique, et qui de la gauche extrême a terminé dans la collaboration la plus dépravée avec les nazis.
L'un des articles est titré ainsi : « Comment un esprit si fin a-t-il pu se tromper si fort ? ».
A dire le vrai, la même question pourrait se poser concernant l'éditorial de Jean Daniel consacré, dans le même numéro, à Gaza, même si la finesse du précité ne s'est jamais imposée durement à mon esprit.
Pour condamner l'opération israélienne, Daniel ne craint pas d'écrire : « On sait avec quelle sévérité rétrospective on a jugé le grand Churchill pour avoir réclamé que l'on rase Dresde et une vingtaine d'autres villes allemandes pendant la guerre contre les nazis ».
Il est des énormités qui sont autant d'insanités :
- le bombardement, militairement inutile, par l'aviation britannique de la ville de Dresde, remplie de chefs-d’œuvre historiques, a fait près de 110 000 morts. La guerre était gagnée. Il n'existait aucune cible stratégique.
- Au rebours, l'armée israélienne n'a ciblé que les milices terroristes en tentant d'épargner, autant que faire se peut, les populations civiles, au demeurant autant pour des préoccupations éthiques que politiques : le contresens est donc total, qualitativement et quantitativement.
- Les bombardements alliés, en dépit de leur caractère massif, n'ont été soumis à aucune critique véritable de fond, y compris ceux plus récents sur la Yougoslavie et l'Afghanistan. On voudra bien comparer avec l’hystérie anti israélienne de ces derniers jours.
Dans ce cadre d'une rare pertinence, j'aurais pu deviner la conclusion de notre «grande conscience» : « J'ai besoin de dire que la part juive qui est en moi, dont je n'ai pas coutume de faire état (NDGWG : ah bon ?) et qui reste fidèle à la mémoire des victimes de l'extermination, est bouleversé d'indignation et de révolte devant une telle régression»
Au-delà de la comparaison assez sordide avec l'incomparable, j'ai voulu voir comment la part, juive ou non, de Jean Daniel s'était exprimée, par exemple, à l'égard de la famille juive massacrée à Bombay il y a quelques semaines par des islamistes après avoir été torturée : pas une ligne, pas un mot…
Cette semaine, Jean-Daniel poursuit sa «réflexion» : il va jusqu'à écrire que s'il était musulman, à la vue des images de Gaza, il irait frapper sur tout ce qui bouge.
Vous imaginez le sort juridique ou médiatique d'un intellectuel de droite qui écrirait qu'il comprend les exactions de Juifs qui voudraient aveuglément venger sur des Arabes les victimes des attentats kamikazes ?
J'ai consacré, il y a quelques mois un article à Arthur Sulzberger, le patron juif du New York Times, qui, même durant la tuerie, militait activement contre la création d'un État juif pendant qu'il faisait tout pour minimiser la relation de la Shoah dans les colonnes de son journal, de peur d'être taxé de communautariste.
Et dire que je le croyais mort.
Mais revenons à l'étonnement de l'hebdomadaire de gauche sur l'itinéraire de Ramon Fernandez.
Je renvoie les ignorants à l'ouvrage de Simon Epstein qui décrit comment une grande partie des pacifistes des années 30 ont terminé dans la Collaboration.
Rien de nouveau sous le soleil noir de l'extrémisme.
Et ce n'est pas le facteur principal de l'instrumentalisation de la colère musulmane, défilant dans les rues de Paris sous les oriflammes du Hamas et du Hezbollah qui devrait déroger à cette lourde tradition historique.
J'ai usé beaucoup de mon énergie à expliquer aux dirigeants de la communauté juive organisée la responsabilité qui fut la leur de réserver leur ostracisme à la seule extrême droite.
Il serait désormais criminel de ne pas l'étendre en tout point à une extrême gauche, au discours identique, mais à la dangerosité sans commune mesure.
Au risque de courroucer Jean et d’indigner Daniel.
Source : http://blognadel.over-blog.com/
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03.12.2008
L'ami de Guy
A la demande générale, je reproduis ci-après les déclarations radiophoniques de M. Maurice Sinet, plus connu sous le nom de Siné, en suite d'une « colère » officiellement alléguée à titre d'excuse absolutoire après le massacre de Sabra et Chatila et qui lui ont valu, de mon fait, quelques soucis judiciaires.
J'ajoute, pour être complet, que l'irascible a bénéficié à cette occasion d'un témoignage circonstancié de Guy Bedos en sa faveur, le même qui quelque 26 ans plus tard, a tenu à soutenir avec la même constance son ami Maurice, à la suite de ses déclarations controversées sur l’opportun mariage de Jean Sarkozy avec une jeune fortunée de confession mosaïque :
Morceaux choisis :
SINE : « Israël doit être détruite, comme Carthage ».
SINE : « Soit disant les juifs qui ont un folklore à la con..., à la Chagall de merde…, c’est eux qui les empêchent de vivre, mon pote, tant que je serai vivant, Israël n’existera plus. Je suis prêt à faire des brigades internationales contre Israël ».
(…)
SINE : « Je te dis un truc. Même si ce sont des assassins, je suis pour… ».
L’intervenant : « De qui tu parles ? ».
SINE : « Les gens qui ont fait… ».
L’intervenant : « La rue des Rosiers ? ».
SINE : « L’avortement rue des Rosiers contre Rosenberg-Goldenberg, je suis pour. Que ce soit les Brigades Rouges, je suis pour. Que ce soit Action Directe, je suis pour. Que ce soit n’importe quoi, je suis pour. On en a plein le cul…Moi j’estime que si un flic se fait descendre un par un à un arrêt d’autobus, alors qu’il a fini cette espèce de saloperie de métier qu’il fait, si on le flingue, c’est très bien. Et il faut le flinguer justement anonymement. Il saura d’où ça vient. Mais si tous ces gens-là se sentent flingués, ont peur, ce serait très bien qu’ils vivent dans la peur. Je voudrais qu’ils vivent dans la peur. Ils me font chier… ça fait 2000 ans qu’ils nous font chier… ces enfoirés. Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro-palestinien. Qu’ils meurent ».
(…)
SINE : « Écoute, si un jour je tuais un juif, ça sera par inadvertance (sic). Ça sera par des racines, comme ça, qui m’auront poussé. Tu sais que les racines, c’est comme les morpions ; Ils me gonflent ».
(…)
SINE : « Tu sais, au monde ya une race au monde, y a que deux pays au monde qui osent empêcher les gens d’être des gens. C’est les juifs, Israël qui empêchent les palestiniens de vivre, et l’Afrique du Sud. Ils sont 10%, ils empêchent 90% de noirs de s’asseoir sur le même banc ».
(…)
SINE : « Tant que ces gens là existeront, j’aurai un flingue. Pour l’instant c’est mon stylo mais un jour j’aurai un flingue ».
(…)
SINE : « L’Afrique du Sud et Israël ce sont les deux seuls pays racistes du monde. Faudrait quand même que ça disparaisse ».
(…)
SINE : « On est en train d’assister en ce moment à un génocide. Begin est un Hitler. Faut le flinguer ».
(…)
L’intervenant : « J’aime pas les juifs pour une bonne raison, c’est que je suis pas raciste. »
(…)
SINE : « Je suis devenu antisémite depuis qu’Israël bombarde. Je suis antisémite et je n’ai plus peur de l’avouer. Je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs ».
(…)
SINE : « Tu sais que les connards, en ce moment, défilent avec un drapeau Antisionisme =Antisémitisme. Alors si antisionisme=antisémitisme, je suis antisémite, et je revendique mon antisémitisme ».
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P.S : Je confirme avoir demandé à ma chère consœur Aude Weill- Raynal de déposer plainte à l'encontre de l'irascible à la suite de ses déclarations au Nouvel Obs à mon encontre, et dans lesquelles il qualifie Mordechai Aniliewicz, chef de la révolte à Varsovie contre les nazis de « tueur du ghetto ». Le témoignage de l'antiraciste Guy ne devrait plus tarder.
SOURCE : http://blognadel.over-blog.com/
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05.11.2008
Dépression saisonnière
Que la Compagnie Créole ait lancée un hymne à la gloire d’Obama peut se comprendre.
Encore que ne me viendrait pas à l'idée de voter pour Fabius ou Strauss-Kahn sous prétexte qu'ils sont d'origine juive.
Mais que Dominique de Villepin, dans une interview au Journal du Dimanche de cette semaine, lance extatiquement que le candidat démocrate représente «l'homme nouveau» en mettant en avant ses origines, me révulse.
Il fut un temps où l’aryanité était censée incarner l'avenir radieux.
La démarche à laquelle nous assistons mondialement est exactement similaire.
Jamais peut-être l'essentialisme d'un être, jamais l'obsession de la race d'un homme n'avait atteint pareils vertigineux sommets.
Je me fous de l'origine d’Obama. Si j'étais Américain, et en dépit de son incontestable talent, je ne voterai pas pour lui, pour des raisons étrangères à la couleur de sa peau et qui tiennent uniquement à son positionnement politique.
Il y a quelques années, j'ai créé le barbarisme de xénophilie pour illustrer cette dilection particulière pour l’altérité.
Mais xénophilie et xénophobie sont les deux facettes de la même médaille racialiste.
Dans un récent éditorial, Le Monde dénonçait la campagne de McCain, lui reprochant ses attaques contre le candidat démocrate. Et le journal, déjà, de prévenir : Si Obama était battu, la déception qui en résulterait chez les minorités serait grosse de tous les dangers.
Pourtant, les pires détracteurs américains du candidat républicain ont reconnu la remarquable tenue de sa campagne. Je n'ai lu nulle part dans la presse d'outre-Atlantique que le racisme anti- noir avait constitué le fonds de commerce du représentant de l'Arizona.
J'ai lu cependant, que venir reprocher au démocrate son «extrémisme» supposé était déjà sujet à soupçons.
Il résulte des consternants postulats xénophiliques qui précèdent, que si Obama, gagne ce sera l'aube d'un nouveau jour. Mais que, s'il perd, ce sera la marque du retour de l'infamie.
Puisque nous en sommes là, encore quelques petites nouvelles du Monde : entendu Philippe Val, sur une radio périphérique dire tout son écœurement pour l'attitude du quotidien dans l'affaire Siné.
Reçu hier un courriel de Benjamin Barthe (voir mon dernier blog-note «Misère et servitude du prolétariat médiatique») : sans trop d'humour ni d'aménité, notre journaliste militant (qui nous vient de l’Humanité) veut me prouver que les Arabes de Palestine ont également utilisé le vocable «palestinien», y compris dans le domaine sportif.
Ai-je soutenu le contraire ? Ai-je jamais nié leur spécificité ? Dans toutes mes conférences, dans tous mes livres (y compris le dernier avec Adler) j'affirme que ceux-ci disposent d'un excellent dossier, qu'ils gâchent depuis toujours tant en raison de leur irrédentisme que de leurs méthodes. Il faut dire que leurs soutiens européens extatiques, M. Barthe, ne leur facilitent guère le nécessaire travail de réflexion critique.
J'écrivais seulement – et je le confirme – que les Arabes de la Palestine mandataire se définissaient davantage en tant que tels – ou en tant que musulmans – plutôt qu'en termes de «Palestiniens».
À cette époque, et notamment en Europe, le vocable s'appliquait plus souvent pour évoquer les habitants juifs du territoire de Palestine. Ce qui, soit dit en passant, était tout aussi injustement réducteur que lorsqu'on l'applique aujourd'hui au bénéfice des seuls Arabes. Raison pourquoi, lorsque les sionistes de Palestine ont créé une association footballistique «palestinienne», ils se situaient dans une pure perspective nationale juive, à l'identique de la démarche arabe palestinienne actuelle.
Il semblerait que M. Barthe et ses amis soient moins sensibles à cette réduction linguistique contemporaine.
Voilà pourquoi, avec une candeur désarmante, notre journaliste se plaint de ce que l'association «palestinienne» de 1934 ne comportait aucun arabe, mais qu'il relève pour lui, littéralement, de l'impensable de s'étonner que celle d'aujourd'hui soit exclusive de tout juif.
Gilles-William Goldnadel
04:45 Publié dans Articles de G.W. Goldnadel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.10.2008
Point de curée contre le Pape
Les juifs, qui n'ont pas tant d'amis que cela par les temps qui courent, devraient peut-être traiter avec davantage de considération Benoît le seizième qui a fait de la réciprocité avec le monde islamique un mot d'ordre qui tranche avec l'ancienne dhimmitude.
La guerre ouverte contre la canonisation de Pie XII ne me paraît pas de toute première instance.
D'abord, car la messe n'est pas dite quant à la culpabilité de Mgr Pacelli. Sans revenir sur les témoignages à décharge d'Albert Einstein, de Golda Meir, de Haim Weizmann, de Moshe Sharett, du grand rabbin d'Israël Isaac Herzog, et sans méconnaître le puissant réquisitoire de Saül Friedlandler, je recommande la lecture de l'ouvrage du rabbin libéral américain David Dalin («Pie XII et les juifs, le mythe du pape d'Hitler» ed.Tempora) qui prend clairement parti en faveur d'une relaxe.
Avant que de condamner définitivement, il serait plus charitable d'exiger la communication des pièces entreposées dans les caves vaticanes.
Ensuite et surtout, car il faudrait peut-être que cesse que les athées impénitents, les juifs et les musulmans soient les seuls à s'émouvoir encore des décrets du Saint-Siège.
Qu'il s'agisse du mauvais usage des préservatifs ou des bienfaits du coït interruptus.
Et si l'on laissait le choix des bienheureux, fût-il malheureux, aux seuls catholiques ?
J'en étais sûr, je savais que la Petrella allait s'en tirer. (Voir mon «bal des indulgences») je note, cependant, soigneusement cette jurisprudence présidentielle.
Après tout, moi aussi j'ai des clients dépressifs.
Le problème, c'est qu'ils ne sont pas d'extrême gauche et qu'ils n'ont tué personne. Même pas un flic italien.
Gilles William Goldnadel
09:21 Publié dans Articles de G.W. Goldnadel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












